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L'audiovisuel face au progrès technologique

On le sait tous, ces dernières années marquent une véritable avancée en terme de digitalisation de la société. Quelque soit le secteur d’activité, certains ont su profiter de ce phénomène, d’autres l’ont subit.

L’audiovisuel a connu bon nombre de rebondissements. La manière de consommer le 7ème art a considérablement évolué, et les moyens de production ont dû être repensés. Il est donc important de faire le point.

1) S'adapter ? Pas si facile ! ⛑

En notre temps, la création de contenu, qu’il s’agisse d’un long-métrage ou d’une simple vidéo prise via son Smartphone, s’est démocratisée. Effectivement, jamais il n’a été aussi simple de réaliser et partager une œuvre (peu importe la qualité), et ce avec un budget toujours plus restreint. Cette évolution a rendu la consommation de vidéo du public beaucoup plus accessible, et ô combien différente de nos aînés.


La télévision est délaissée, au profit du contenu vidéo court, gratuit et disponible sur web et Smartphone. Les grands gagnants face à cette transition restent les plateformes sociales, mais aussi les créateurs de contenu qui ont réussi à exploiter les bienfaits du numérique (médias, youtubeurs, influenceurs…). Pour les grands groupes TV, l’importance d’innover est cruciale, mais il est extrêmement compliqué d’y parvenir rapidement. En effet, l'organisation de telles structures n'offrent pas l'agilité nécessaire à une structuration rapide et radicale.

Or, toujours grâce à la technologie, les moyens disponibles n’ont de cesse d’être plus performants. Un exemple qui illustre magnifiquement bien cela est l’apparition du drone. C’est bien simple : un petit objet volant capable de filmer en 4K a littéralement remplacé l’alternative humaine, puisqu’il était autrefois nécessaire de faire appel à des spécialistes de grues ou d’hélicoptère.

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Si ce type de mutation permet aux productions de réduire leurs coûts et de gagner un temps précieux, cette situation pénalise plusieurs professionnels du cinéma, notamment les ingénieurs. Si le besoin en main d’œuvre s'amoindrit d’années en années, le nombre de professionnels, lui, augmente. Ces deux facteurs rendent la recherche de travail encore plus difficile, dans ce milieu qui marche essentiellement au réseau et aux recommandations.

Autre point : l’ascension de Netflix (qui au départ, n’était pourtant qu’un loueur de DVDs en ligne) a mis un véritable coup de pression aux géants du cinéma. On remarquera que le modèle de Netflix a vite été copié par des géants tel que Amazon, At&T, Disney ou encore récemment Apple, avec son offre TV+. Nous ne parlerons pas des initiatives asiatiques, qui devraient également entrer en jeu dans les prochains mois.

Vous l’aurez compris, ces dernières années marquent une véritable transition tant dans la manière de consommer, mais aussi de faire du cinéma.

2) Un essor qui tombe à pic ⚡️

“Le monde il vous attend pas. Le monde il bouge, et il bouge vite [...] C’est le vrai monde dehors et le vrai monde il va chez le coiffeur.”

- Hubert Bonisseur de La Bath, 1967

Certes, Netflix intimide. Or, le producteur au logo rouge arrive aussi à point nommé pour les travailleurs du cinéma, particulièrement en France. Car bonne nouvelle : Netflix a annoncé vouloir doubler sa production française. Un message fort confirmé par l’inauguration de leurs bureaux à Paris, prévue pour le deuxième semestre 2019. Il s’agira là d’une véritable aubaine pour les équipes de tournage et de production de l'hexagone !

D’ailleurs, si certains métiers ont connu des heures sombres avec l’évolution technologique, elle a été bénéfique à beaucoup d’autres ! En effet, ce progrès a permis à de nouveaux métiers de voir le jour. Mieux, ce phénomène permet aux métiers du cinéma d’être de plus en plus accessibles aux passionnés. Les réseaux sociaux (et bientôt Onstage) permettent aux travailleurs de promouvoir leurs travaux, et de les montrer gratuitement au plus grand nombre.

Autre nouveauté, la consommation du contenu vidéo s’est généralisée. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux génère un engagement 10 fois supérieur à celui d'un autre contenu. Les entreprises ne sont plus réticentes à investir dans ce savoir-faire, au profit des maisons de production et donc de nos chers techniciens et artistes !

3) Quel futur pour l'audiovisuel français ? 🇫🇷

La manière de faire et de consommer de la vidéo est totalement nouvelle. Or, nous ne sommes sans doute pas au bout de nos surprises.

Le fait qu’il soit aujourd’hui plus facile de partager du contenu fait qu’il est absolument nécessaire se renouveler, d'innover. Le budget alloué autrefois aux importants dispositifs pour un tournage migre de plus en plus vers la pré-production, la post-production (en particulier les effets spéciaux), mais aussi la publicité.

Si nous avons accès à une multitude de vidéos, notre exigence en terme d'expérience en tant que spectateur ne reste pas moins exigeante, au contraire ! Le fait que tout le monde puisse créer rend la quête de nouveautés toujours plus criante.

Netflix : le nouvel Hollywood ?
Netflix : le nouvel Hollywood ?

On va encore parler de Netflix (désolé), mais l'évènement qui a marqué l'actualité de Noël 2018, c'était leur fameux épisode interactif : "Black Mirror - Bandersnatch". Le concept ? Nous, spectateurs, pouvions décider des actions du protagoniste, inédit ! Si cette initiative a été très bien accueillie par la presse, il serait intéressant d’aller plus loin et imaginer que la réalité augmentée prendra de plus en plus de place dans le secteur de l'audiovisuel. Il ne serait presque pas étonnant de se retrouver dans les salles de cinéma armé d’un casque de réalité virtuelle, ou même d'avoir prochainement un personnage à créer pour l'intégrer dans un film. Ça paraît fou, mais c'est pourtant vers quoi l'on se dirige.

Côté emploi, on note de plus en plus de professionnels se mettant en Freelance. Il faut dire que ce statut a le vent en poupe : sur 900 000 freelances en France, 8% avaient ce statut avant 2005. Entre 2011 et 2015 : c'est 60% d’entre eux qui ont créé leur leur auto-entreprise. Le secteur de l’audiovisuel n’y échappe pas, et ce qu’il s’agisse des métiers techniques (monteurs, étalonneurs…) qu’artistiques (Directeur artistique, graphiste).

Enfin, si Paris était la zone géographique obligatoire pour espérer percer dans ce milieu, les moyens de communication et de transport risquent d'être de moins en moins une contrainte. Au passage, nous avons ici un petit article sur comment réussir en tant qu'acteur hors de Paris.

Bien sûr, le monde du film a connu des hauts comme des bas durant cette soudaine transition numérique. Quoi qu’il en soit, l’audiovisuel avec un grand A s’apprête à vivre encore de nombreuses années, et on a bien hâte de voir la suite !

Allez, bon chance.